Le triangle dramatique

C’est toujours la même chose, Sylvie avait l’air d’être en difficulté, elle m’a expliqué son problème, je l’aide et je lui montre comment faire, je lui dis « je m’en occupe » et elle dénigre tout ce que je lui propose. Elle a toujours une « bonne » raison qui commence par « oui, mais… ». Cela m’a agacé, j’étais vraiment déçu et j’ai eu l’impression de perdre mon temps, d’être immobilisé par ses questionnements. Elle fait appel à moi et rien ne lui convient pourtant je lui ai proposé des solutions, qui avait fonctionné avec d’autres jusqu’à présent. J’ai eu l’impression que c’était jouer d’avance … Je me suis faché, elle est venu à mon aide pour me calmer. C’était la situation du départ à l’envers !
Thomas

Cette situation a quelque chose de familier ? Les problèmes que nous rencontrons sont des problèmes de relation avant tout. Comprendre les mécanismes de dysfonctionnement peut s’avérer utile et salvateur. Stephen Karpman nous propose un modèle afin de comprendre les problématiques relationnelles, les éviter, les résoudre.

Quel est le problème ?

Que se passe-t-il exactement ? 

Les relations entre deux personnes dysfonctionnent parfois sans que l’on sache réellement ce qui c’est passé. Vous venez en aide à quelqu’un et rien n’y fait. Pire, alors qu’il se plaignait , la situation évolue et vous vous retrouvez persécuté à votre tour pour votre intervention. Vous vous sentez démunie ou à votre tour en colère.

Un autre cas, assez courant de dysfonctionnement peut exister dans la relation avec un client, un manager exigeant voir persécuteur. Il ne discute pas mais ordonne que son problème soit résolu sur le champ, ils exigent des réponses immédiates. C’est le genre de situation dans lesquelles la relation peut rapidement dysfonctionner en fonction de votre intervention.

Malheureusement une relation est une interaction entre deux personnes, lorsqu’elle se détériore, cela est souvent du aux interventions des deux intervenants : une incompréhension, un manque d’écoute, etc.

Cela est souvent douloureux, car le mécanisme en jeu se répète. Si notre tendance est de venir en aide aux personnes et de leur proposer des solutions, il y a de fortes chances que cela se produisent avec plusieurs personnes.

Finalement, nous avons envie de bien faire et cela est mal compris.

Un modèle simple appelé le triangle de Karpman permet d’analyser les dysfonctionnement qui sont en jeux dans une relation. Ces dysfontionnement sont des jeux psychologiques. Le triangle de Karpman est un modèle d’analyse transactionnelle et explique comment chacun des interlocuteurs peut prendre l’un des 3 rôles : la victime, le sauveur, le persécuteur.

Vers une modélisation de la relation 

Un modèle simple appelé le triangle de Karpman permet d’analyser les dysfonctionnement qui sont en jeux dans une relation. Ces dysfontionnements sont des jeux psychologiques. Le triangle de Karpman est un modèle d’analyse transactionnelle et explique comment chacun des interlocuteurs peut prendre l’un des 3 rôles : la victime, le sauveur, le persécuteur.

Le Persecuteur :

Position : je suis compétent, c’est une position de  supériorité

Croyance associée (ou méconnaissance) : la victime n’a pas d’importance.

Objectifs non conscient : rendre l’autre responsable de ce qui ne marche pas et exprimer sa colère, avoir raison.

Il agit dans son intérêt, il peut se montrer dominant et tyrannique. Il agresse, humilie et rabaisse. Son comportement fait souffrir l’autre.

Caractéristiques : il persécute l’autre, fait souffrir, l’intention peut être de punir.

Le vocabulaire : «  C’est de ta faute », « Il faut », « Tu devrais », « Toi, tu fais toujours ce qu’il ne faut pas faire », « regarde ce que tu m’as fait faire »

Le Sauveur :

Position : il est en position de supériorité, il se soucie de la victime.

Croyance associée (ou méconnaissance) : la victime n’est pas en mesure de résoudre son problème seule.

Il va faire plus de 50% du chemin, il se sent indispensable ; propose son aide à partir d’une position dominante, et cela même s’il n’y a pas de demande. Le sauveur attend un bénéfice pour son aide.

Objectifs non conscients : rendre les autres dépendants, les garder sous sa coupe.

Le vocabulaire : « Je sus là… », « Je m’en occupe… », « Je sais mieux que toi, je vais t’aider ! », « Heureusement que j’étais là », « Laisse moi faire à ta place ».

La Victime :

Position : je ne suis pas compétent, pas important, c’est une position d’infériorité.

La victime a tendance à se dévaloriser pour être écouter, sans le savoir recherche un persécuteur en affichant sa peur, ou sa rébellion ou un sauveur en affichant sa tristesse, en exagérant ses points faibles.

Objectifs non conscients : ne pas reconnaître ses responsabilités, être plaint, rechercher la pitié,  obtenir d’une autre personne qu’elle fasse à sa place.

Le vocabulaire : « C’est toujours ainsi… », « Je ne suis pas capable de …. », « je ne suis bon à rien… », « De toute façon, on ne m’écoute jamais… »

    Triangle de Karpman

    Comment se produit l”entrée dans le triangle dramatique ?

    Nous avons tous un rôle privilégié pour entrer dans le triangle en raison de notre histoire personnelle. Aucun rôle n’existe indépendament des deux autres rôles, cela conduit les personnes à chercher des rôles complémentaires. Une fois dans un rôle, nous allons permuter dans les rôles successivement.

    Dans l’exemple avec Thomas et Sylivie : Thomas entre en sauveur en proposant des solutions à Sylvie, puis se plaint du refus de Sylvie (Victime) à accepter ses propositions et la discussion l’agace, l’énerve (le persecuteur). Idem pour Sylvie elle est d’abord victime en se plaignant et attire un sauveur, puis prend une position de persecuteur et finalement sauveur pour aider Thomas.

    Pourquoi y allons-nous ?

    L’entrée dans les jeux se produit sur un terrain de manque de confiance en soi principalement et sur une mauvaise estime de soi. Nous jouons pour en tirer un bénéfice positif ou négatif.

    Les bénéfices recherchés peuvent être multiples :

    # Nous désirons recevoir de la reconnaissance (positive ou négative)

    # Nous occupons notre temps.

    # Nous désirons confirmer nos croyances sur nous même et sur les autres.

    Les caractéristiques que vous pouvez observez sur le triangle dramatique :

    Le triangle est :

    # Répétitif : vous pouvez vous dire « Décidément avec eux , c’est toujours comme cela ! »

    # Les rôles sont complémentaires, cela implique que la responsabilité est partagée entre les protagonistes.

    # Le triangle est dynamique : il y a permutation des rôles

    # Le résultats produit est négatif : sentiment négatif, confusion, un malaise, de la souffrance, de la colère.

    # le jeu apporte un bénéfice caché : être plaint, écouté par exemple.

    Comment se produisent les permutations de rôle ?

    de victime à persecuteur : C’est le jeu du : oui, mais

    . Je demande l’aide , mais vous n’y arriverez pas. La victime demande des conseils en les rejetant les uns après les autres. La personne serviable n’a plus d’idée, et là changement de rôle la victime intervient dans la forme : « tu n’es pas aussi malin que tu l’imagines, tu n’as plus d’idée ! »

    de sauveur à persecuteur :

    Le sauveur vient en aide auprès d’un collègue qui se plaint en permanence, puis il s’impatiente et devient lui-même persécuteurs

    de persécuteur à Victime : C’est le jeu « sans toi »

    Un collaborateur persécute les membres de son groupe en faisant porter aux autres la responsabilité d’une dynamique d’équipe inefficace par exemple. Lorsque l’opportunité de partir se présente, il réalise sa part de responsabilité dans les dysfonctionnement et se sent alors victime.

    Comment éviter de rentrer dans le triangle dramatique ?

    Le triangle de Karpman est un jeu psychologique selon E. Berne. Il s’agit d’un processus qui consiste à faire quelque chose ayant un but caché (un bénéfice qui  peut être négatif). Il se met en place de manière inconsciente, il devient explicite lorsque que personnes changent de rôles : générant confusion ou désire d’accuser l’autre.

    Utiliser ces éléments va vous permettre de comprendre une situation de malaise relationnel, de repérer ou prévenir des conflits et d’éviter en tant que manager, par exemple, d’intervenir en sauveur ou persécuteur. 

     Revisiter vos expérience passées et passez les aux filtres de ce modèle.

    Par quel rôle entrez vous ?

    Posez vous les questions suivantes, pour éviter de vous retrouver dans le rôle du persecuteur :

    # Ai-je une autorité pour intervenir ?

    # Suis-je à l’abri de représailles ?

    Posez vous les questions suivantes, pour éviter de vous retrouver dans le rôle du sauveur :

    # ai-je reçu une demande d’aide claire ?

    # ai-je la compétence pour fournir la réponse demandée ?

    # ai-je les outils et les conditions pour fournir ce qui m’est demandé ?

    # ai-je le désire de rendre ce service ?

    Posez vous les questions suivantes, pour éviter de vous retrouver dans le rôle de victime :

    # ai-je réellement besoin d’une intervention externe ?

    # ai-je épuisé mes connaissances, mes aptitudes ?

    # à qui dois-je adresser ma demande ?

    Comment faire sortir votre interlocuteur du triangle dramatique ?

    Questions à poser pour faire sortir l’autre du rôle de persécuteur :

    Il est nécessaire de clarifier les rôles et responsabilités.

    # qu’avez-vous besoin de demander?

    # à qui ?

    # comment savez-vous que cette personne pourra répondre à votre demande ?

    Questions à poser pour faire sortir l’autre du rôle de sauveteur :

    Il est bon de remercier la personne pour l’aide proposée et de recadrer le vrai besoin. Le sauveteur doit avoir de l’empathie pour l’autre :

    # quel est le problème de l’autre ? Son émotion ? Sa souffrance ?

    # quelle attitude pouvez-vous prendre pour l’aider à résoudre lui-même le problème?

    # de quoi avez-vous besoin pour maintenir la distance par rapport au problème et à l’émotion qu’il vous suscite ?

    # si vous avez besoin de reconnaissance, quel autre moyen pouvez-vous mettre en place pour l’obtenir ?

    Questions à poser pour faire sortir l’autre du rôle de victime :

    La personne est reconnue dans sa vulnérabilité puis elle est responsabilisée afin de faire une demande:

    # que pouvez-vous mettre en place pour sortir de cette situation ?

    # quelles sont vos options ?

    # que décidez-vous et quand allez-vous mettre en œuvre votre décision?

    # avec qui ? Où ? Comment ?

    Quels bénéfices pouvez vous en attendre ?

    Les bénéfices que vous pouvez attendre à éviter, sortir ou fare sortir du triangle dramatique seront des relations plus sereines et plus harmonieuses…..

    Outils:
    Le triangle de Karpman ou triangle dramatique

    Le triangle de Karpman est une modélisation du dysfonctionnement d’une relation: jeu psychologique. Le jeu est stérile et destructeur, chacun des interlocuters trouventun interêt personnel à la situation. Les rôles s’échangent et peuvent s’inverser tel un jeu de cartes.

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